UN NOUVEAU PRESIDENT NE FAIT PAS LE PRINTEMPS
L'Association Pour l'Alternative Citoyenne (A.P.A.C.) n'a pas appelé à voter pour un candidat à l'élection présidentielle.
Son statut associatif la distinguait des engagements partisans. Une fois le scrutin terminé, notre association prend position dans le cadre de la citoyenneté.En effet, pendant cette campagne, tout le monde a pu observer une absence réelle de débat de fond dans la première partie, puis une personnalisation des deux candidats choisis par un mode de scrutin qui élimine tous les autres. Nous sommes, malgré nous, confrontés à un type d'élection issu de la constitution de la Ve république : personnalisation aux dépens du jeu parlementaire qui suivra et dramatisation de enjeux.
Ce qui intéresse l'A.P.A.C, c'est évidemment la place du citoyen et son rôle d'acteur démocratique.
Depuis bientôt 50 ans, la porte reste étroite : le citoyen est convié à des jeux télévisés, relayés par des sondages et une presse locale très avare quant à l'expression des "petits candidats". On peut en effet s'interroger sur le rôle que jouent les sondages, à l'opposé d'une véritable réflexion civique. Peu ou prou, ils donnent l'impression que les jeux sont faits d'avance, imposent un "choix obligé" au citoyen. On ne dira jamais assez que le bénéficiaire est souvent le payeur : qui paye les sondage et formule les questions? Encroe une pratique qu'il faut mettre en questions, quitte à énoncer des règles de contrôle démocratique inexistantes à ce jour.
La question du "débat participatif" nous tient à coeur.
Et s'il est tout à fait positif pour la démocratie à venir de l'avoir proclamé, en réalité le débat participatif est souvent limité à de belles déclarations à l'intention d'un public convaincu et trop rarement l'expression d'un échange contradictoire. Ce fut le cas dans 90% des situations.
- Prolongeant la citoyenneté, le débat sur la réforme de l'Etat a été escamoté. Il s'imposait pour la rénovation de la politique et ce n'est pas en retouchant à la marge le fonctionnement du Parlement qu'on y répond.
- Que devient la question d'une régionalisation démocratique qui pouvait clarifier la vie politique? On en a trop peu parlé à gauche, pas du tout à droite.
- Que devient cet empilement des financements auquel les collectivités territoriales sont confrontées et ne savent plus qui commande les projets locaux? A droite, on ne l'a jamais évoqué.
De la vie concrète des gens il fut peu question, dans ce pays où survivent 2 millions de chômeurs. Et le "travailler plus pour gagner plus" du nouveau président ne répond pas à cette catégorie de citoyens mis hors citoyenneté.
A chacun de juger sur pièces, avec le temps sans doute, mais demain est déjà là.