MEDIOCRATIE PARTICIPATIVE / A propos de la LGV, qui décide?

Publié le par APAC

MEDIOCRATIE PARTICIPATIVE. A propos de la LGV, qui décide? 

 

Dans notre dernier bulletin nous craignions le pire. La LGV, l’Etat (via les élus UMP Estrosi, Gaudin , Falco minoritaires dans le Débat public) font pression pour que le tracé des villes Marseille – Toulon – Nice soit retenu. Le débat public sera-t-il bafoué, contre la majorité des citoyens qui s’est exprimée ? Les associations qui ont proposé d’autres solutions (Collectif TGV-Sud Var, STOP TGV Coudon) attendent que les propositions majoritaires de bon sens des citoyens aboutissent.

Les élus montraient, une fois de plus, l’absence d’opinion publique régionale. S’exprimaient dans les forums trois sentiments, géographiquement, très distincts :

Le Var, avec ses syndicats viticoles et tous les environnementalistes, s’est caractérisé par une franche hostilité au projet, notamment dans la plaine de Saint-Maximin. Si des solutions alternatives ont été proposées, si le réseau secondaire n’a pas été oublié, le thème du refus de la LGV a été particulièrement mis en avant et la cassure entre les associations et les élus varois  a été  flagrante. M. Beneventi, homme aux nombreuses casquettes, particulièrement pris à partie lors des auditions publiques, n’a jamais su convaincre son auditoire.

Les Bouches-du-Rhône étaient très hostiles aux tracés nord et relativement favorables (tout à fait pour le conseil général, Marseille-Provence-Métropole et la Communauté du Pays d’Aix) à un projet via Marseille-la Blancarde. Le débat a fait ressortir la nécessité d’avoir un réseau secondaire de qualité, en commençant par la réhabilitation de la ligne Aix-Marseille. Les associations de défense de l’environnement insistant plus sur ces derniers points que sur une hostilité franche au projet LGV.

Les Alpes Maritimes et Nice souhaitaient se rendre le plus rapidement possible à Paris tant, il est vrai, que la région est enclavée et les moyens de transport actuels (route et avion) particulièrement saturés. Surtout, le tourisme d’affaires et le star système n’attendent pas…

S’il a été difficile de mettre dans le débat des éléments sur l’axe reliant Gênes – Marseille et Barcelone, force est de constater que les questions liées aux transports ferroviaires de proximité ont été largement écoutées. Et c’est bien là que le bât blesse. Si les associations ont forcé le législateur à la discussion préalable, si des milliers d’Euros ont été investis pour la mettre en place, la technostructure étatique, tenue d’une main de fer par l’UMP, est loin d’avoir fait le deuil de son pouvoir absolu.

La centralisation politique française, si particulière en Europe et dans le monde, n’est pas prête à concéder la moindre parcelle de son pouvoir. Et même si la rationalité économique du TGV est celle du « tout droit », même si selon RFF et de la SNCF, l’option Marseillaise n’existait « que pour prendre en compte la demande des politiques », c’est l’opinion du ministre et de l’UMP qui a seule prévalue ; qu’on ne nous accuse pas de « faire de la politique », les citoyens du pays toulonnais qui ont participé aux séances du Débat public le savent.

 

Deux conclusions s’imposent.

1) A quoi sert-il dans un tel contexte de s’investir dans le débat, quand les décisions sont prises par ailleurs et qu’il n’est aucunenment tenu compte de la qualité des débats qui se sont déroulés ?

2) Que les associations de défense de l’environnement se rassurent. Au moment de faire les comptes du coût de la ligne concernant les temps de transport, la « rentabilité » du projet fera problème. Dans un contexte de libéralisme économique poussé à son paroxysme, très loin de la notion de service public, le projet sera différé au profit d’autres tracés « tout droit » plus rentables au regard de ce qu’est l’outil TGV. L’esprit monarchiste et bonapartiste de la droite aux affaires a fait la démonstration du peu de cas qu’elle faisait de vous, de nous, pauvres citoyens.                                   

L’A.P.A.C

Publié dans Citoyenneté-Politique

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